Chats qui flairent le cancer : études, théories, exemples
Résistance au cancer chez les éléphants
Les éléphants n’ont presque jamais de cancer. Pendant des décennies, les scientifiques ne pouvaient pas comprendre pourquoi les éléphants n’ont pas le cancer : leur remarquable résistance au cancer était un sujet de nombreuses discussions et publications.
En général, les grands animaux comme les éléphants vivent plus longtemps et leurs cellules doivent se diviser davantage, donc nous nous attendons à ce qu’ils soient plus sensibles au cancer. Mais en réalité, ce n’est pas le cas et ce phénomène exceptionnel est appelé “paradoxe de Peto”.
Richard Peto est un épidémiologiste statistique de l’Université d’Oxford : il a formulé le paradoxe en 1977. Le sens du paradoxe est qu’ ‘”au niveau de l’espèce, l’incidence du cancer ne semble pas être en corrélation avec le nombre de cellules dans un organisme ». Biologiquement chaque cellule a un risque de devenir cancéreuses : les espèces et qui vivent longtemps devraient théoriquement avoir un risque accru de développer un cancer par rapport aux organismes petits et de durée de vie plus courte. Richard Peto a noté l’absence de corrélation entre la taille du corps et les risques de cancer. Dans la société scientifique ce phénomène est connu comme le « Paradoxe de Peto ».
L’éléphant est le meilleur exemple de ce paradoxe. Des milliers d’échantillons de sang et de tissus prélevés sur des éléphants ont été testés par plusieurs scientifiques. Et l’explication a été trouvée : les éléphants ont des copies supplémentaires d’un gène très spécifique qui repère les cellules en détresse, ce gène est appelé «P53».
P53 est un gène ancien bien connue trouvé chez tous les animaux dits « pluricellulaires ». P53 a deux responsabilités importantes :
1. Détecter le stress ou tout dommage à la cellule, et
2. Empêcher la cellule de se diviser jusqu’à ce que le stress soit passé ou jusqu’à ce que l’ADN soit réparé.
Les humains héritent d’une copie du P53 de chaque parent : les deux copies sont cruciales car elles nous protègent du cancer. Certaines personnes sont nées avec un gène défectueux et cette condition est connue comme “le syndrome de Li-Fraumeni ». Dans la plupart des cas, les personnes atteintes de ce syndrome ont le cancer dans l’enfance parce qu’ils n’en sont pas protégés et leur risque de cancer au cours de leur vie est proche de 100%. Ceci est la courte explication sur l’importance du gène P53.
Quant aux éléphants, les scientifiques ont découvert qu’ils ont de nombreuses copies du puissant gène anticancéreux P53 mentionné. La plupart des éléphants ont 40 copies du P53, ce qui provoque l’autodestruction chez les cellules avec un ADN endommagé, alors que les humains ont seulement deux exemplaires. Il a été noté que les éléphants africains reçoivent au moins 20 exemplaires du gène P53 de chaque parent.
Les tests de laboratoire montrent que les cellules d’éléphants répondent aux dommages de leur ADN très précisément : les cellules d’éléphants endommagées sont prêtes à se suicider (apoptose) au lieu d’essayer de se réparer (comme les cellules humaines le font). Une fois que la cellule endommagée est « tuée », le cancer ne peut plus se développer. Cela pourrait être une approche plus efficace pour la prévention du cancer que d’essayer d’empêcher une cellule mutée de se diviser sans avoir été en mesure de se réparer complètement elle-même
Selon les chercheurs, dans la plupart des cancers humains, le gène de P53 est muté, ce qui conduit à une augmentation de la reproduction des cellules (une marque de fabrique du cancer) et de l’instabilité génomique (mutations dans le génome). En fait, les cellules humaines ne sont pas protégées comme les cellules de l’éléphant le sont.
Les éléphants sont de bons exemples qui permettent à de nombreux scientifiques d’apprendre comment certaines espèces ont « appris » à se protéger du cancer au cours de l’évolution.
L’évolution a eu 55 millions d’années pour comprendre comment éviter le cancer. Maintenant, je pense que c’est est à nous de prendre une page du livre de jeu de la nature et d’apprendre comment appréhender cette information et de l’appliquer à ceux qui en ont le plus besoin. La nature a déjà compris comment prévenir le cancer. C’est à nous d’apprendre comment les différents animaux résolvent le problème afin que nous puissions adapter ces stratégies pour prévenir le cancer chez les gens. (Dr Joshua Schiffman, University of Utah)
Actuellement, les scientifiques cherchent des molécules qui pourraient imiter l’effet des copies supplémentaires du gène P53 chez les éléphants : elles pourraient pousser au suicide (apoptose) les cellules endommagées du corps humain au lieu d’essayer de réparer leur ADN. Les nanotechnologies modernes pourraient être en mesure de délivrer le gène P53 d’éléphant dans les cellules humaines ce qui pourrait être considéré non seulement comme la prévention du cancer, mais aussi comme une nouvelle technologie de traitement du cancer.


















